Après le choc : quand le danger est passé, mais que le corps reste en alerte
Le récit qui suit est une situation inspirée de vécus réels. Il vise à illustrer les mécanismes du stress post-traumatique et leurs effets sur le corps et l’esprit, au-delà des blessures visibles.
Le réveil : quand le corps survit, mais que l’esprit vacille
Emma se réveille dans une chambre inconnue. Une douleur sourde traverse son corps. Tout est lent, lourd. Des bips rythment le silence. Elle respire. Elle est en vie.
Les soignants lui expliquent qu’elle a été opérée en urgence à 1h du matin, que l’hémorragie a été maîtrisée. Les mots glissent sur elle sans provoquer le soulagement attendu. Quelque chose a changé. À l’intérieur comme à l’extérieur.
Emma ne se sent pas apaisée. Elle se sent vide. Les images de l’accident reviennent par fragments désorganisés. Son corps est sauvé, mais son esprit reste figé sur la route, au moment du choc, dans la peur de mourir.
Ses parents lui annoncent qu’ils repartent chez eux, dans le Cher, la laissant seule face à l’après. Emma désorientée par un parcours chaotique: départ de chez ses parent dans le Cher, accident dans l’Indre, transfert en Gironde, puis opération dans le Lot-et-Garonne. Son corps a traversé les kilomètres. Son esprit peine à suivre.
Après plusieurs semaines d’hospitalisation, le jour de la sortie arrive. À l’accueil, derrière une vitre en plexiglas, on lui demande de signer des documents. Les mots n’ont plus de sens. Elle signe mécaniquement par une croix, en reproduisant le geste de la secrétaire à l’accueil.
Sans le savoir, le traumatisme psychique s’installe.
Le danger est passé, mais son cerveau continue de fonctionner comme s’il était toujours présent. La peur ne s’éteint pas. Elle s’imprime.
Survivre sans être vivante
Le VSL la conduit jusqu’à son appartement, un lieu encore étranger. Le chauffeur, pompier volontaire, perçoit son désarroi et lui propose son aide.
Emma comprend rapidement qu’elle n’arrive plus à lire ni à écrire correctement. Une amnésie temporaire semble expliquer ces difficultés. Pourtant, elle tente d’ignorer cette réalité et s’installe seule, dans un appartement vide, coupée de tout soutien.
Elle pense qu’elle devrait aller mieux, être reconnaissante d’être en vie. Mais une fracture invisible s’est produite. Elle se manifestera plus tard par des flashbacks, de l’évitement et une hypervigilance permanente. Le corps a survécu. L’esprit, lui, commence à lutter.
Le monde continue autour d’elle, comme si rien ne s’était passé. Cette continuité la désoriente profondément. Comment tout peut-il reprendre alors qu’elle est restée suspendue à l’instant où elle a cru mourir ?
Personne ne voit ce qu’elle traverse. Son corps ne porte plus de traces visibles. On s’attend donc à ce qu’elle aille bien. Elle apprend à sourire, à répondre « ça va », tout en s’éloignant de ses émotions.
Sans le savoir, Emma vit les manifestations classiques d’un traumatisme psychique.
Regard de sophrologue : Véronique PETIT Sophrologue certifier en SPT
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Le stress post-traumatique n’est pas une fatalité. Lorsqu’un accompagnement adapté est proposé, le système nerveux peut progressivement intégrer que le danger est terminé. Des approches comme la sophrologie permettent d’aborder cette reconstruction en douceur, en s’appuyant sur le corps, la respiration et les sensations, pour retrouver peu à peu un sentiment de sécurité intérieure. Se reconstruire après un traumatisme ne signifie pas oublier ce qui s’est passé, mais apprendre à vivre à nouveau, avec plus de stabilité, de présence et de confiance. La sophrologie est un outil complémentaire de bien-être et de gestion du stress. Elle ne remplace pas un suivi médical ou psychologique. En cas de symptômes persistants, détresse émotionnelle ou d’un stress post traumatique sévère, il est essentiel de consulter un médecin, un psychiatre ou un psychologue. |
